Ève Duranceau
L’attachante Lili
Par Annie Hogue / 7Jours 2008-02-29 13:47:54
© Frédéric Auclair
Le personnage de Lili Boisjoly-Dupuis ne devait pas être très présent dans Le négociateur, mais on s’y est tellement attaché que l’équipe a décidé de le garder dans la troisième saison. Rencontre avec celle qui nous l’a fait aimer.
Ève, ton personnage semble s’être assagi dans la troisième saison du Négociateur.
Oui. Lili ne sera jamais une fille sage, mais elle est sortie de l’enfer de la drogue et elle s’est débarrassée de
ses mauvaises fréquentations. Elle a envie d’une vie plus saine, mais aussi intense. Par exemple, on apprend très vite qu’elle fait de la photo comme son père, mais qu’elle veut devenir «camerawoman». Comme l’histoire se déroule dans les années 70, elle est plutôt avant-gardiste. Une chose est certaine: elle s’est épanouie. Les maquilleurs ont fait en sorte que j’aie bonne mine, alors qu’avant ils me donnaient un air «magané». Lili devient tranquillement une femme.
Est-ce que ce rôle est inspiré
d’une personne réelle?
C’est un personnage fictif qui ne devait pas être très présent au départ, mais auquel l’équipe s’est attachée. On voulait aussi qu’il y ait une fille dans l’entourage de Mac.
Voit-on beaucoup Lili au
cours de la troisième saison?
Dans le quatrième épisode, elle est mêlée plus directement à l’action. C’est un beau cadeau, ce personnage-là. Je m’attendais presque à ce que Lili disparaisse au cours de la troisième série, mais on a voulu la garder près de Mac, d’Hector et d’Irma, jouée par Louise Forestier. Nous formons un petit quatuor.
Est-ce qu’il pourrait y avoir
une histoire d’amour entre
Lili et Mac?
On sent quelque chose entre les deux dès le début, même si on voit Mac avec d’autres filles. Il y a quelque chose qui l’attire chez Lili, mais il sent qu’elle est trop loin de lui. Elle semble peut-être plus encline à séduire Mac, parce qu’elle a moins de «barrières»... Je crois qu’il y a quelque chose qui les unit et qui les sépare
en même temps. Il y a toujours une tension entre eux.
Est-ce le premier rôle que tu joues?
En fait, c’est le deuxième; j’ai incarné une victime dans Fortier. J’ai aussi travaillé au Petit monde de Laura Cadieux. Par contre, c’est la première fois que j’ai à «construire» un personnage à l’écran. Alors, Le négociateur est mon premier gros défi.
Au début, étais-tu impressionnée de jouer avec Frédérick De Grandpré et Julien Poulin?
Au début, j’incarnais la copine du personnage d’Éric Lapointe. Sincèrement, je ne voulais pas réaliser que je jouais avec de grands noms. Je tenais à me concentrer sur mon personnage, que je trouvais tellement beau et original, et à me nourrir du talent des autres. Mais, quand j’y repense, oui, j’étais impressionnée.
Tu sembles être très sûre de toi.
J’essaie de l’être car, si tu es en admiration devant les autres acteurs, tu ne peux pas aussi bien jouer avec eux. Il doit y avoir une relation d’égal à égal entre les comédiens pour qu’il y ait une réelle complicité entre les personnages. C’est pour ça que je tiens à me rappeler que les vedettes sont tout simplement des êtres humains. Au Québec, le vedettariat n’est pas trop exagéré. La grande majorité des acteurs sont généreux; ils ne
te font jamais sentir qu’ils sont connus. Ils ont plutôt envie de bien travailler avec toi.
Au début, comment as-tu
abordé ton personnage?
J’ai loué beaucoup de films des années 70, mais ils mettent rarement en scène une femme qui fait partie d’une gang et qui n’est pas une prostituée. Bizarrement, c’est la musique de cette époque qui m’a beaucoup inspirée. J’ai essayé de me concentrer sur la naïveté de Lili et aussi sur son côté plus trash.






