Télé

Un personnage proche d’elle

Anne Doval

par Michèle Lemieux / 7Jours 2008-09-30 13:52:49
© Frédéric Auclair © Frédéric Auclair

Anne Dorval relève un nouveau défi en campant Natalie dans Les Parent. Pour la comédienne, ce beau rôle est arrivé à point nommé, puisqu’elle se sentait prête à changer de registre. C’est dans la peau d’une maman de trois garçons que nous la retrouvons au petit écran. Ce rôle n’est pas si loin de celui qu’elle a dans la «vraie» vie...


Anne, parlez-nous de la nouvelle émission Les Parent, dans laquelle vous jouez...
Les Parent, c’est une série présentée sous la forme de petites capsules, tantôt attendrissantes, tantôt drôles. Elle met en vedette la famille Parent, qui n’est pas du tout dysfonctionnelle, mais plutôt heureuse. Natalie et son chum, Louis-Paul, s’aiment et ont trois garçons, âgés de 8, de 11 et de 14 ans. Ça brasse dans cette famille! À certains moments, les intrigues m’ont rappelé des choses que j’ai vécues. Mes enfants ont eu la même réaction. Je pense que ça amusera bien des gens.

Tout ceux qui ont fondé un foyer se reconnaîtront…
Il existe une dynamique familiale qui ne change pas, malgré les époques, car les enfants sont toujours les mêmes: ils bougent et font des crises, et les parents, qui veulent les éduquer, «pognent» les nerfs par moments. (sourire) Ce n’est pas le genre d’émission qu’on regarde en se tapant sur les cuisses tellement elle est drôle. Mais c’est attendrissant; ça présente un portrait assez fidèle de ce que peut être la vie de famille.

Ça pourrait déculpabiliser les parents, si je comprends bien.
Oui; ils se sentiront peut-être moins seuls... Et les enfants aussi, quand ils verront les mauvais coups que font les trois garçons de cette famille. Dans la série, les jeunes «gagnent» souvent; les parents sont quelque-fois dépassés par les événements.

Êtes-vous une mère parfaite?
Non! Non! Non! Qui a dit ça?

Je voulais parler de votre personnage dans la série!
Ah, dans la série! (rires) Non, je ne pense pas que Natalie soit une maman parfaite. Elle pète les plombs parfois; elle est dépassée, débordée, et elle se sent coupable, comme bien des mères que je connais. Ça semble être typiquement féminin, la culpabilité... Mais, dans Les Parent, le père se sent coupable, lui aussi. Comme dans la vie, l’un et l’autre finissent toujours par «compenser»: si l’un pogne les nerfs, l’autre devient très doux, comme s’il cherchait à trouver un certain équilibre. Dès que l’un «abuse», l’autre fait contrepoids en adoptant une attitude plus conciliante. Les couples qui ont des petits agissent souvent comme ça.

Heureusement, sinon nos enfants ne survivraient pas!
Tout à fait! Ce qui rend l’intrigue de l’émission à la fois drôle et ridicule, c’est que les parents essaient d’avoir de l’autorité, alors que, souvent, ils sont les seuls à croire qu’ils en ont... Les trois garçons se paient leur tête, mais ce ne sont pas des enfants rois. Natalie et Louis-Paul sont responsables; ils essaient d’être justes et droits dans la mesure du possible. Ce sont des êtres humains faillibles, avec leurs défauts et leurs qualités. Il n’y a pas d’école pour les parents!

Vous reconnaissez-vous dans votre personnage?
Oui; je connais bien la situation de Natalie, puisque je suis une mère de famille. Je suis séparée, comme tout le monde le sait. J’ai deux enfants, un garçon et une fille. Contrairement à mon personnage, je ne vis donc pas dans un univers totalement masculin. Quand j’ai lu les textes pour la première fois, j’ai eu l’impression que ça avait été écrit pour moi. C’est mon type d’humour. C’est dans le rythme que ça se passe et c’est ça qui m’attire. La série pose un regard assez lucide sur les familles d’aujourd’hui... Les Parent forment une famille mo-derne, contemporaine, et je trouvais intéressant de montrer ça à la télé. J’ai l’impression que ça rapprochera les enfants et les parents, et que ça pourra dédramatiser bien des situations.

Votre expérience de mère vous aide-t-elle quand vous campez Natalie?
C’est sûr! La vie de mes amies m’a également été utile. Mon enfance m’a aussi servi. L’émission m’a rappelé la fillette que j’étais; je me suis souvenue de ma mère, de mon père, de leurs réactions. Nous étions quatre enfants, chez nous. C’était une autre dyna­mique. Je me souviens des partys d’enfants... Les Parent ne traite pas que de la famille: ça porte aussi sur les relations entre les jeunes et les adultes en général. C’est pour cette raison qu’on n’est pas obligé d’avoir fondé un foyer pour aimer cette émission. Plein de gens reconnaîtront l’enfant qu’ils ont été ou reconnaîtront des enfants de leur entourage.

Quels sont vos autres projets?
Je continue à faire des capsules de Chez Jules sur Internet. Je fais aussi des trucs à la radio; j’ai des projets ici et là. L’émission Les Parent occupe pas mal de place dans ma vie.

• Les Parent, lundi, 19 h 30, Radio-Canada • www.chezjules.tv

 
 
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