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2e saison de On prend toujours un train

«Le deuil démontre la vraie nature humaine» -Josélito Michaud

Roxanne Tremblay / 7Jours 2009-05-26 15:39:31
Josélito Michaud © Archives TVA Josélito Michaud © Archives TVA
Quand il se lance dans une aventure, on peut avoir la certitude que Josélito Michaud donnera le meilleur de lui-même. Passionné par le récit des autres, dès le 31 mai prochain, à 21 h, sur les ondes de Radio-Canada, il nous arrive avec une nouvelle saison d’On prend toujours un train, qui s’annonce tout aussi inspirante que la première. 7jours.ca s’est entretenu avec le conducteur de locomotive le plus connu au Québec!

Est-ce qu’il y a des entrevues qui vous ont étonné plus que d’autres?

Je suis très préparé lorsque je commence une entrevue. Je lis tout ce qui a été écrit pour comprendre. Quand tout a été assimilé, je laisse tout de côté et je me laisse aller dans l’entrevue. Et je suis toujours étonné: j’ai beau être préparé, dans 90 % des cas, ça ne se passe jamais comme je l’avais prévu. L’important, c’est d’écouter l’invité. L’entrevue dure 57 minutes, c’est le temps du voyage; mais lorsque je sens que nous sommes dans le nœud de l’entrevue, je frappe doucement sur la table. C’est le code que j’utilise pour faire comprendre aux membres de l’équipe qu’il faut demander de ralentir le train. Ou, dans le cas inverse, si je vois qu’il n’y a rien qui se passe, je vais demander qu’on fasse une pause, prétextant qu’il faut changer une cassette; et c’est souvent à ce moment-là qu’il se passe quelque chose. Maintenant, quand je pense à ceux qui m’ont touché… Je pense à Madame Lépine, la mère de Marc Lépine; je n’étais pas là pour la juger, mais je voulais savoir des choses. Il faut que je sois respectueux, et je ne veux pas faire dans le sensationnalisme. Les invités sont tous très authentiques.

Que vous disent les invités après les entrevues?

Dès que l’entrevue se termine, ils ne veulent plus partir! Mais je dois repartir pour faire une autre entrevue. Sur le coup, je ne sais jamais si j’ai fait une bonne entrevue ou non. Je demande toujours à Véronique (Béliveau) si l’entrevue était intéressante. Ce qui me passionne dans le fond, c’est de savoir si on arrive à s’en sortir quand on vit une peine d’amour, une perte d’emploi, etc. À force de faire des rencontres, je réalise que tout finit par passer. Même quand on est dans le creux de la vague, il y a une issue.

Pourquoi teniez-vous absolument à faire une deuxième entrevue avec Éric Lapointe?

C’est un ami à moi. Quand les «événements» de janvier se sont passés, je me suis inquiété pour lui et je me disais qu’il fallait mettre à jour l’entrevue que j’avais déjà faite avec lui. Je ne me serais pas trouvé correct de ne pas en faire une autre. Je pense qu’il était important de donner la chance à ce gars de se reprendre. Surtout qu’il se bat pour rester sobre tous les jours. J’ai envoyé l’extrait à Tout le monde en parle et, à la suite de sa diffusion, je savais qu’il y aurait des demandes afin que je recommence l’entrevue. Je lui ai demandé la permission de lui montrer des extraits de l’entrevue avant qu’il ne cesse de boire quand nous allions recommencer l’entretien. Il m’a dit: «Fais ce que tu veux, j’ai entièrement confiance en toi.»

À sa deuxième entrevue, le deuil était sa relation avec l’alcool mais, pour la première, quel était le sujet abordé?

Le prétexte? C’était la fausse accusation qui a été portée contre lui. Même s’il a été blanchi de tout doute, ç’a été un grand drame dans sa vie. Sa vie n’a plus jamais été pareille après ce faux scandale. Après avoir terminé la deuxième entrevue, quand je suis rentré chez moi, j’avais le sentiment que j’avais fait ce que j’avais à faire. J’étais content de moi.

Vous auriez pu le faire aussi pour le cas de Geneviève Borne qui ignorait, au moment de son entrevue, qu’elle devrait lutter contre un cancer…

On y a pensé, mais on ne pouvait pas actualiser toutes les entrevues. Dans le cas de Geneviève, je lui ai montré l’entrevue. C’est elle qui m’a dit: «Je ne veux pas parler d’autre chose que de Michel (NDLR: Son conjoint, Michel Gendron, est décédé en mars 2008). Je veux lui rendre hommage.» On en a parlé longuement et on a décidé de laisser l’entrevue telle quelle.

Pourquoi le deuil vous fascine autant?

Je trouve que ça démontre la vraie nature humaine. Comment on réagit à un deuil, c’est comment on est dans la vie. Quelqu’un qui est pragmatique dans sa vie le sera vis-à-vis le deuil. Quelqu’un d’émotif le sera aussi dans sa façon de gérer son deuil. Ça permet d’aller en profondeur dans les entrevues. Cette saison-ci, on parle du deuil, mais on va aussi ailleurs. La série est moins triste que l’an dernier. J’ai hésité avant de faire une deuxième saison; je trouvais que je sortais trop ébranlé à la fin des entretiens lors de la première saison. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons décidé d’élargir nos horizons sur le deuil. Je trouve que les participants sont courageux, je les trouve honnêtes dans leur démarche. Ils me disent merci à la fin des entrevues, et ça me surprend à chaque fois.

On prend toujours un train, les dimanches, à 21 h, sur les ondes de Radio-Canada

 
 
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