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Élise Guilbault dans Yamaska

«Le défi me faisait peur au début...»

Roxanne Tremblay / 7Jours 2009-09-22 15:17:44
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Élise Guilbault incarne Réjanne dans <i>Yamaska</i> © TVA Élise Guilbault incarne Réjanne dans Yamaska © TVA

L’univers des auteurs Anne Boyer et Michel D’Astous, Élise Guilbault le connaît bien. Elle a déjà joué leurs textes mais, surtout, elle a suivi avec intérêt le fruit de leur travail, et ce, depuis plusieurs années. Cet automne, on pourra voir la comédienne dans Yamaska, la nouvelle série fort attendue, mais on la verra aussi, pour une ultime saison, dans le délicieux univers disjoncté d’Estelle dans Les hauts les bas de Sophie Paquin, qui lui a valu un Gémeau cette année.

Dans Yamaska,vous interprétez une mère de famille qui vit en banlieue, un personnage assez loin de vous!

Oui, Réjanne, c’est une femme de maison, elle travaille un peu avec son mari. C’est une femme qui ne possède pas la qualité appelée la souplesse. Elle est très rigoureuse, stricte et nerveuse. C’est un personnage dramatique et très intense. Pour moi, c’est un défi à relever parce qu’elle est une femme qui, pour se protéger de toutes les souffrances et les secrets qu’elle a enfouis en elle, se cache derrière son perfectionnisme. C’est un personnage qui est très différent de tous ceux que j’ai interprétés. C’est pour cette raison que j’ai accepté de participer à ce projet. Anne et Michel écrivent tellement bien, on se sent en sécurité avec eux. C’est un défi qui me faisait peur au début parce que le personnage est instable. Alors il faut le prendre avec beaucoup de délicatesse et d’attention pour être sûr de bien faire. Elle n’est pas facile à comprendre.

Ces auteurs ont tendances à nous rappeler qu’il ne faut jamais se fier aux apparences.

Justement. Je ne vais pas tout vous expliquer car vous allez découvrir l’intrigue au fil des semaines, mais la structure des épisodes est particulière, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle les personnages principaux sont les enfants et qu’il y a les familles qui gravitent autour d’eux. Vous allez découvrir de nouveaux acteurs formidables, et ceux que vous avez beaucoup vus vous allez apprendre à les connaître dans un registre complètement différent. Et la façon de présenter l’intrigue est unique, à la manière d’Anne Boyer et de Michel D’Astous.

Êtes-vous une fan de télévision? Pour moi, Élise Guilbault fréquente les théâtres tous les soirs, j’ai peine à vous imaginer assise devant la télévision dans votre salon! (rires)

Non non non! (rires) J’ai tout vu ce que D’Astous et Boyer ont fait. J’écoute souvent la télévision, peut-être pas assidûment, mais il y a un point qu’il ne faut pas oublier: je veux regarder le travail de mes collègues! À l’époque, j’ai suivi Le Retour parce que je voulais voir Rita Lafontaine et Guy Nadon. Inévitablement, on est retenu par leur prestation. Je pense aussi à Nos Étes; c’était la même chose, on ne peut faire fi du travail de nos amis.

Question difficile: quels sont les acteurs et les actrices dont vous admirez le travail?

Je ne peux pas répondre à cette question pour la simple et unique raison que j’ai de l’admiration pour plusieurs de mes amis. C’est pour ça que je refuse de voter dans les concours pour la télévision. Je ne suis pas neutre, je suis complètement subjective parce que je suis impliquée sentimentalement avec plusieurs d’entre eux. Je suis incapable de commenter le travail d’un ami acteur, ça me met mal à l’aise. Il y a tellement de grands talents au Québec, comment en privilégier un plus qu’un autre?

Dans Les hauts et les bas de Sophie Paquin, vous jouez dans un tout autre registre. Estelle vivra-t-elle encore autant de péripéties amusantes? Ma vie semble bien triste comparativement à celle des personnages de la série! (rires)

Elle va encore nous surprendre, évidemment! (rires) Je la compare parfois au coyote dans Road Runner. Il ne faudrait pas que le coyote arrête de se faire niaiser par l’autre, il n’y aurait plus d’histoire! Le pivot dramatique d’Estelle c’est l’honneur, et le sien est souvent ébranlé. Beaucoup d’autres aventures attendent Estelle, pour tout te dire. Parfois, je rentrais chez moi après une journée de tournage et j’avais des bleus et la voix irritée; je te dirais que l’auteur Richard Blaimert m’a encore fait vivre de grands excès! (rires) C’est le bonheur total cette année, avec Yamaska et Les hauts et les bas de Sophie Paquin, j’ai touché aux deux extrêmes! Vraiment, j’ai eu de belles scènes à jouer, peu importe où je me trouvais. Je ne peux rien demander de plus.

 
 
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