Nouvelle série cet automne
Patrice Robitaille sur le Prozac
Raphaël Gendron-Martin / 7Jours 2010-09-03 16:09:48
Patrice Robitaille © Raphaël Gendron-Martin
Dans la nouvelle série Prozac, diffusée à V dès le 7 septembre, Patrice Robitaille se glisse dans la peau d’un journaliste prolifique et reconnu, Philippe Roy, qui vit malgré tout une profonde dépression. Les textes de Sophia Borovchyk et Karina Goma sont empreints de cynisme et de situations pathétiques où les spectateurs vont rire jaune. «Quand j’ai lu les textes pour la première fois, j’ai été emballé, mentionne le comédien. Il y avait une couleur là-dedans, une sensibilité et une intelligence. Ce sont deux personnes très brillantes qui ont écrit la série et ça paraît. Je trouvais ça intéressant d’aborder un personnage en proie à une dépression et qui va suivre une thérapie.»
Dans les deux premiers épisodes, Philippe Roy est au fond du baril. Il pense activement au suicide, allant même jusqu’à s’acheter une corde à la quincaillerie et regarder des sites pour voir comment faire un nœud coulant. Même si certaines scènes sont chargées émotionnellement, Patrice Robitaille affirme ne pas s’être préparé différemment pour ce rôle. «Moi-même j’ai eu des épisodes d’anxiété dans ma vie. On vit dans une ère où il faut performer au travail, dans la famille, en amour. J’ai vécu des périodes où je n’étais pas bien et j’ai d’autres amis qui l’ont vécu aussi. Alors, j’avais beau faire de la recherche pour ce rôle, j’avais l’impression que j’en connaissais assez sur le sujet.»
«C’est comme mon frère»
Pour tourner les scènes de thérapie, l’équipe s’est rendue à l’Hôpital Louis-H Lafontaine, un véritable centre de soins psychiatriques. «Je n’aimais pas ça être là! Le local est quelconque, il y a de petites chaises, la décoration est laide. Tout est propice à déprimer. Mais c’est bon parce que ça marche pour le show.» Au fil de la saison, son personnage se rapprochera de celui de Sandrine Bisson, qui participe aux mêmes séances. «Il va faire un bout avec cette personne-là qui est complètement différente de lui.»
Au sein de la distribution, Patrice Robitaille a retrouvé deux camarades qu’il connaît depuis plusieurs années : Isabelle Blais et François Létourneau. «On a tous fait le Conservatoire en même temps. Quand Isabelle était en troisième année, j’étais en deuxième et François, en première. Isabelle a aussi joué avec François dans Québec-Montréal. Isabelle, c’est une collègue avec qui je m’entends bien. Et François, c’est comme mon frère, on se parle six fois par jour. Je trouvais ça sécurisant de retravailler avec lui.»
Eux qui ont joué ensemble sur plusieurs projets (dont Les Invincibles, dernièrement), les deux comédiens avaient-ils peur de se remettre à interpréter leurs personnages d’antan lorsqu’ils se sont retrouvés sur Prozac? «On s’est posé la question. Mais dans Les Invincibles, par exemple, on n’avait vraiment pas beaucoup de scènes où l’on était les deux seulement ensemble. François, j’adore jouer avec lui. C’est un super bon partenaire de jeu. Et on ne commencera pas à se mettre des moustaches, des perruques et commencer à boiter pour faire des personnages différents!»
Une série majeure
Parlant des Invincibles, Patrice Robitaille est catégorique : cette série a été majeure dans sa carrière. «On avait fait deux films qui avaient bien marché avant, mais on a rejoint beaucoup plus de personnes avec la télé. La série, ç’a été cinq ans de nos vies, donc c’est hyper important. Les films qu’on avait faits avant, on était plus insouciants. Mais avec Les Invincibles, on a basculé dans le monde adulte. Et c’est un peu comme ça que la série a fini avec les gars qui se séparent. C’est ça la vie. Profite de ta vingtaine et ta trentaine parce que tes chums, tu les vois pas mal moins après. Quand t’as une famille, c’est la fin des émissions!»
Alors que ses partenaires d’écritures de Québec-Montréal et Horloge Biologique, Ricardo Trogi et Jean-Philippe Pearson, ont tous les deux conçu un long métrage (1981, pour Trogi, et Le bonheur des autres, pour Pearson), Patrice Robitaille souligne vouloir écrire un scénario pour l’automne. «J’ai une idée d’histoire que je vais écrire avec quelqu’un. Ce sera encore sur les relations humaines, parce que c’est ce qui m’intéresse. Je ne me verrais pas parler de politique internationale. Je laisse ça aux autres!»
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