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Chronique télé de Roxanne Tremblay

Princesse Yennenga, la nouvelle série de Réjean Tremblay

Roxanne Tremblay 2010-02-02 18:55:44
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Réjean Tremblay © Marco Weber Réjean Tremblay © Marco Weber
Voilà une bonne nouvelle pour l’auteur et journaliste Réjean Tremblay, qui verra à l’écran, si tout va bien, sa prochaine série de cinq épisodes d’une heure intitulée Princesse Yennenga sur les ondes de Séries+.

En effet, le Fonds canadien de télévision a accepté la demande de financement du développement de cette série qui se déroulera en majeure partie au Burkina Faso.

Au Burkina Faso, vous dites? Oui, car tout est possible dans la tête de Réjean Tremblay! Amoureux de ce pays depuis qu’il a mis les pieds là-bas il y a quelques années, l’auteur s’est même fait quelques amis sur le sol africain, dont le président lui-même, Blaise Compaoré qu’il a rencontré lors de son deuxième séjour. «Il est un ancien grand sportif, nous avons en commun cet amour pour le sport. Lors de ma dernière visite, il m’a fait parvenir un message disant qu’il était déçu de ne pouvoir se libérer pour me voir, je n’en revenais pas», raconte le journaliste qui compte y retourner en mai prochain, - si les Canadiens ne sont pas en séries -, autre profession oblige.

Inspiré par ce sentiment d’être à l’autre bout du monde et par le choc culturel plutôt positif qu’il a vécu, il souhaite mettre à l’avant-plan plusieurs réalités qui sont à mille lieux de la nôtre. Sujet qui témoigne d’une cruauté atroce, les excisions sur les jeunes filles à peine pubères faites par centaines de milliers, les mutilations sont souvent effectuées par leurs propres grand-mères. «L’héroïne de la série est gynécologue et elle visite le Burkina Faso pour venir opérer ces jeunes filles qui développent des infections et plusieurs autres complications, dont les fistules vésico-vaginales ou recto-vaginales qui peuvent entraîner la nécrose des tissus séparant la vessie ou le rectum du vagin. Ces femmes sont exclues des villages et vivent recluses», explique-t-il. L’excision devrait être illégale dès 2015 au Burkina Faso.

Il y aura cette réalité difficile certes avec laquelle le personnage de Julie Bertrand sera confrontée lors de ce voyage, mais il y aussi l’amour qui frappera de plein fouet cette gynécologue de la fin trentaine, déja en couple. Le pays et ses coutumes auront-t-ils le dessus sur l’amour? Une histoire passionnée et compliquée comme on les aime. L’auteur avait en tête Anthony Kavanagh pour le rôle d'un géologue né au Burkina Faso et qui a grandi au Québec lorsqu’il a écrit les premiers textes et du côté de l’héroïne, plusieurs noms sont pressentis, dont celui de l’actrice Julie LeBreton, remarquée pas son travail dans Nos étés et le film Maurice Richard. «Mais rien n’est avancé de ce côté, nous allons avoir une meilleure idée lorsque nous allons déposer les textes au Fonds en novembre prochain». Dans un monde idéal, le tournage aurait lieu à l’été 2011.

Un projet qui voit le jour grâce à Séries+

La première étape maintenant franchie, l’auteur tient à souligner l’ouverture d’esprit de Fabrice Brasier, vice-président programmation de Séries+. «Que Princesse Yennenga ait reçu son aval pour le développement est une étape très importante. Dans le cas de Séries+, lorsqu’on développe un projet, c’est parce qu’il sera en ondes. Ils n’ont pas les moyens comme Radio-Canada de développer huit projets et d’en produire un seul», précise Réjean Tremblay, qui agira comme coproducteur en collaboration avec Orbi-XXI, une boîte bien connue pour ses séries documentaires et qui produira ici sa première fiction. La compagnie minière Semafo investit un demi-million dans la fiction qui serait aussi diffusée sur TNB, la télé nationale du Burkina Faso.

«J’ai été profondément touché par des gens là-bas, je leur parle de mon métier et des outils que nous avons pour le faire, et j’ai voulu m’investir dans ce beau projet. Nous allons travailler de concert avec eux. Pour eux, c’est inimaginable de faire de la télé avec nos moyens. Lors de mon dernier séjour, nous avons payé une maison à notre chauffeur, Émile. Sa maison avait été emportée par les inondations. Nous lui avons demandé combien coûtait sa maison. Il nous a dit 200 000 francs, qui sont l’équivalent de 400 $. C’est une maison de briques de terre, c’est sûr que lorsqu’il pleut pendant plus de trois ou quatre heures, les maisons fondent. On a beaucoup à donner et c’est important de montrer aussi aux québécois ce qui se passe ailleurs.»

 
 
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