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Forcé d’abandonner la série

«J’ai subi une anesthésie générale» — Yvan Morin

Yves Boudreau / 7Jours 2010-03-11 13:25:41
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Calee-Ann, Yvan Morin, la petite Maïka et Sophie © Collection personnelle Calee-Ann, Yvan Morin, la petite Maïka et Sophie © Collection personnelle

Quand nous avons rencontré le physiothérapeute de l’équipe de Montréal, Stéphane Fournier, il nous a expliqué que les joueurs de La série Montréal-Québec présentaient souvent de vieilles blessures, qu’il appelle des «fantômes».

C’est exactement ce qui est arrivé à Yvan Morin dimanche dernier quand, à la suite d’une mise en échec, son épaule gauche s’est complètement disloquée: «Dès que j’ai reçu le coup, j’ai su que mon épaule venait de se décrocher. Ce n’était pas la première fois que je subissais ce genre de blessure», nous a-t-il expliqué lundi matin, après avoir passé la nuit sous observation à l’hôpital de Verdun.

«Ma petite fille Maïka pleurait»

À son arrivée dans le vestiaire, Stéphane Fournier a vite constaté qu’Yvan devait être hospitalisé. On lui a immobilisé le bras, les ambulanciers sont arrivés, et ils ont transporté Yvan à l’hôpital de Verdun: «La douleur était insupportable, au point que le médecin a dû me faire une anesthésie générale pour pouvoir me replacer l’épaule, a affirmé Yvan. Je me suis endormi et, à mon réveil, mon épaule était replacée et mon bras était soutenu par une attelle. La douleur avait disparu. Mon bras devra demeurer immobile pendant trois semaines. La série se termine ici, pour moi, mais je vais rester dans l’entourage de l’équipe.»

Pourtant, tout allait bien pour Yvan. Nous l’avions rencontré deux jours auparavant dans sa demeure de Magog, en compagnie de sa conjointe, Sophie, et de ses deux enfants, Calee-Ann et Maïka,. Yvan a toujours joué au hockey. Il a commencé à patiner à l’âge de trois ans. Il a joué successivement dans le niveau novice, le pee-wee AA, puis le junior AAA, de 16 à 20 ans. Puis, il a décidé de tenter sa chance aux États-Unis en jouant presque deux ans dans la ligue East Coast et un peu partout,

«Je me suis promené, j’ai joué en Louisiane et en Pennsylvanie. À l’époque, j’étais célibataire, j’avais 22 ans. J’aurais pu continuer, mais j’ai rencontré Sophie, ma conjointe, et, un an plus tard, nous avons eu un enfant, Calee-Ann, qui a aujourd’hui 8 ans. J’ai continué à jouer au hockey dans le senior AA, et je le fais maintenant dans trois ligues de garage.» La rencontre entre Sophie et Yvan ressemble à un coup de foudre: «C’est un ami commun qui nous a présentés l’un à l’autre, nous a dit Sophie. Ç’a cliqué immédiatement.»

Dimanche soir dernier, au moment où Yvan sortait de la patinoire, plié en deux, se tenant le bras, nous étions à côté de Sophie: «Mon cœur bat tellement fort. Il n’est vraiment pas chanceux. Tout commençait à se replacer après sa blessure à la cheville. J’espère que ce n’est pas grave», a-t-elle pris le temps de nous dire. Toute la famille s’est rendue à l’hôpital de Verdun avec Yvan. «Avant de m’endormir, sous l’effet de l’analgésique, j’ai bien vu que Maïka n’arrêtait pas de pleurer, tandis que Calee-Ann était plus détendue», a précisé Yvan.

Plutôt que de retourner à Magog, Sophie et les deux enfants ont dormi dans un hôtel de Montréal. Elles sont allées voir Yvan le lendemain matin et sont revenues à la maison, rassurées.

Yvan avait promis à Sophie de l’emmener en voyage au Mexique, à la suite de La série Montréal-Québec. Le voyage est-il compromis à cause de sa blessure? «Non, a répondu Yvan. De toute façon, nous ne partons qu’au mois de mai. Par contre, je devrai me faire opérer, car des tendons de l’épaule sont déchirés.» L’équipe de Montréal perd un bon joueur, mais la vie continue, et Yvan pourra reprendre son travail d’électricien, qu’il pratique depuis l’âge de 15 ans chez J.C. Morin inc, l’entreprise de son père. Sa blonde, Sophie, y est adjointe administrative, et elle est directrice du fan-club de son chum.

 
 
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