Les Bleus gagnent en fusillade
Québec 4, Paquet 3
Marie-Hélène Goulet / 7Jours 2010-03-14 22:07:20
Rémy Leduc a quitté le match sur une civière © Agence QMI / Journal de Québec
Pointé du doigt par ses coéquipiers et même par son entraineur, Rémy Leduc a vécu une semaine des plus difficiles. Le jeune cerbère avait une pression incroyable sur ses épaulettes et le stress a sûrement contribué à le sortir du match. Non pas à cause d’une contreperformance, mais bien suite à une malheureuse blessure.
Celui dont toute l’équipe montréalaise doutait a, assurément, vécu beaucoup d’anxiété avant l’important septième match de La Série Montréal Québec. Avec le sort des Rouges entre les mains, Leduc pourrait bien avoir ressenti du stress dans tout son corps. Ainsi, à la fin de la première période, le gardien est demeuré au sol après avoir tenté un grand écart pour arrêter une rondelle. Victime, semble-t-il, d’une douleur musculaire à la cuisse le #35 a finalement repris sa place devant le filet après la visite du soigneur.
Bien averti par l’arbitre Ron Fournier qu’un seul signe de sa part lui permettrait de rentrer au vestiaire, le hockeyeur s’est entêté à garder son poste. Il a fallu que David Lessard compte le premier but de Québec pour que le blessé s’avoue vaincu et que Vania Goeury s’amène sur la glace. Avant de quitter le Pavillon de la Jeunesse sur une civière, Rémy Leduc a eu la chance de voir son erreur corrigée par Jonathan Paquet.
Trois fois plutôt qu’une
Commençant la deuxième période avec un compte de 1-1, Montréal avait, comme l’a prédit l’invité d’honneur Marcel Aubut, «le vent dans les voiles». Tirés par leur locomotive, Jonathan Paquet, les visiteurs ont tôt fait de prendre l’avance 2-1. À quelques minutes de l’entracte, le sportif vedette de la métropole s’est même offert un tour du chapeau, son deuxième dans la série, permettant aux siens de retourner au vestiaire avec une supériorité de deux buts.
Piqués à vif, les Bleus ont redoublé d’intensité et sont revenus à un jeu plus «physique» en troisième. Pas question d’user de galanterie, David Lessard et ses coéquipiers ont décidé de tout faire pour déconcentrer mademoiselle Goeury. La sportive a répondu de la meilleure manière qui soit volant un but au gros Ghyslain Madore. «Sûrement, l’arrêt de la Série», a d’un souffle commenté l’analyste Pierre Rinfret.
Résurrection
Les joueurs de Michel Bergeron ont accumulé de mauvaises punitions, donnant des chances à leurs rivaux qui n’en ont, malheureusement pour eux, pas profité pour augmenter leur avance. Ne s’avouant pas battus, les athlètes de la capitale nationale se sont donc relevés en annulant le score grâce à des buts rapides de Ken Arsenault et Bruno Richard.
Grâce à l’effort de guerre des Bleus, les téléspectateurs ont eu droit à la première fusillade de la Série. Arrêtant d’abord Ken Fournier, Vania Goeury a cédé le premier point à Ken Arsenault, mais a été sauvée par son coéquipier recru, Olivier Guilbaut. Lorsque le capitaine David Lessard a marqué, Daniel Pharand a riposté pour Montréal. Finalement, Pierre-Luc Boucher a volé le match à la troupe de Carbo qui avait pourtant dominé jusqu’alors.
Inspirés par la belle Joannie Rochette, les troupes de Montréal et de Québec ont fait fi des épreuves et se sont présenté la tête haute sur la glace. Celle qui a reçu une chaleureuse ovation a conclu son entrevue avec Marie-Claude Savard en affirmant : « Pour moi, c’est le temps de continuer et de prendre ma vie en main.» On verra bien qui, dimanche prochain à l’Auditorium de Verdun, prendra la partie à bras le corps. Pour les Rouges ce sera le match de la dernière chance, tandis que les Bleus seront peut-être sacrés grands champions.






