Vedettes

Le retour de l'enfant prodige

Alanis Morissette

Par Karen Johnson/Celebritext / 7Jours 2008-06-20 14:03:25
© Warner Music

Il a fallu quatre années à la chanteuse originaire d’Ottawa pour donner suite au disque So-Called Chaos. Sei elle est aujourd’hui plus sereine, Alanis Morissette a pourtant connu les affres d’une séparation difficile lorsque l’acteur Ryan Reynolds et elle se sont quittés. D’ailleurs, elle ne se gêne pas pour aborder ce sujet sur son nouvel album.


Alanis, cet album raconte-t-il une grande peine d’amour?
Il porte sur ma vie en général, et en particulier sur une relation qui a échoué. J’étais fiancée à un homme que j’ai fréquenté pendant quatre ans et demi. La liaison s’est très mal terminée, mais je me suis reprise en main, comme un phénix qui renaît de ses cendres. Tout ce processus a été immortalisé dans les chansons de Flavors of Entanglement.


Ainsi, ce disque a été une sorte de thérapie pour vous.
Oui, et cela a été très libérateur. La plupart du temps, j’écris des textes sur des choses qui ont eu lieu il y a 6 mois, ou même 10 ans. Cette fois, j’ai traduit en mots ce qui m’arrivait sur le mo­ment. On peut donc considérer ces chansons comme un journal. Le fait de m’expri­mer dans un studio d’enregistrement m’a aidée à m’en sortir.


Ne trouvez-vous pas embarrassant de vous confier ainsi au public?
Pas du tout. À mon avis, il existe une différence nette entre intimité et réserve. Je réussis à préserver une certaine inti­mité, même si je suis comme un livre ouvert. Je ne nomme personne, et je ne donne jamais de renseignements personnels. En général, je demande la permission aux individus concernés. Je ne veux surtout pas ressembler à une fille qui cherche à cacher quelque chose. Je n’ai pas honte de ce que je suis.


Qu’avez-vous fait pendant les quatre dernières années?
J’ai donné quelques concerts, je suis allée aux îles Fidji avec un organisme de charité, j’ai fait de la moto avec des copains et j’ai voyagé jusqu’en Nouvelle-Zélande pour faire du parapente. Ma grand-mère est décédée l’année dernière, alors j’ai passé du temps avec elle avant son décès.


Croyez-vous que les vedettes peuvent changer le monde en appuyant de bonnes causes?
Aujourd’hui, je ne pense pas qu’une per­sonne puisse sauver la planète; c’est un concept très naïf. Je préfère con­cen­trer mon énergie sur les choses que je peux contrôler plus facilement, comme ma relation avec moi-même et avec au­trui.


Vous avez obtenu la nationalité américaine. Comment vous sentez-vous?
Depuis longtemps, je me sens autant Américaine que Canadienne sur le plan culturel. J’ai le meilleur des deux mondes. Les Américains ont de grandes qualités, tout comme les Canadiens. Aux États-Unis, les gens ont très confiance en eux, alors qu’au Canada ils sont très curieux et communicatifs.


On connaît pourtant votre aversion pour le système politique américain...
En effet, je crois que le gouvernement américain est un pouvoir dictatorial déguisé. La démocratie, telle qu’elle a été définie, y existe à peine. Cependant, je ne m’intéresse pas à la politique. Je préfère ce que j’appelle la «politique interne», mais attention: je ne suis pas toujours sérieuse! Je viens de créer un site Internet baptisé Shallow Moment of the Week (Le moment superficiel de la semaine). Je parle de mes cheveux, de bijoux, bref, de tout ce qu’une femme aime. Pourtant, cela ne signifie pas que je suis superficielle pour autant...


Vous êtes aussi très romantique. Avez-vous des regrets?
Mon immaturité a fait souffrir beaucoup d’hommes, et je le regrette. Je travaille là-dessus, car je veux apprendre à me pardonner.


Croyez-vous encore à l’amour?
Il me serait impossible de ne pas y croire. Avant, j’y étais vraiment accro. Aujourd’hui, je vois l’amour davantage comme un geste, un choix qu’on fait malgré la peur d’un conflit ou de l’ad­ver­sité. À mon avis, il s’agit du geste le plus courageux qu’on puisse poser. En tout cas, ce n’est plus une dépendance.


Quel est le meilleur conseil que vous avez reçu de vos parents?
Je donne ce conseil à tout le monde: trop souvent, on invente des limites qui nous empêchent d’avancer dans la vie. Mes parents m’ont enseigné à ne pas croire aux limites, alors, pour moi, il n’y en a pas.


Qu’avez-vous appris grâce à vos expériences personnelles?
Je sais que ça vous semblera paradoxal, mais j’ai appris à reconnaître mes limites. J’ai aussi appris l’importance d’en avoir, que ce soit dans le cadre d’une relation amoureuse ou d’une carrière. Il est également très important de respecter celles des autres.


Vous êtes maintenant membre de l’église Universal Life. En quoi cela répond-il à vos aspirations spirituelles?
Il y a quelques années, j’ai accepté d’être membre de cette église afin de marier un couple. Cependant, j’aime aussi l’ap­pro­che du Vedanta (une branche phi­lo­so­ph­i­que qui provient de l’Inde, et dont l’en­­sei­gnement est fondé sur la con­nais­sance juste de soi-même et de la vie). J’aime l’idée selon laquelle la séparation entre les êtres humains et la planète est une illusion. Le concept de séparation est le fruit de notre ego, qui veut nous faire croire qu’on est différent des autres. Nous faisons tous partie d’une énergie vitale et d’une conscience globale.


Quel est le meilleur état d’esprit pour composer de la musique?
La joie et la colère sont mes deux moteurs clés. Or, la colère est aussi de la douleur, alors il y en a trois. Finalement, écrire me permet de trouver la lumière dans le chaos.


 
 
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