Vedettes

La belle rebelle

Evangeline Lilly

Par Noemia Young / 7Jours 2008-07-31 15:27:06

La Canadienne de 29 ans était totalement inconnue lorsqu’on lui a proposé d’interpréter Kate Austen dans la série Perdus. Quatre ans plus tard, Evangeline Lilly a pris de l’assurance et se sent plus à l’aise dans son rôle de comédienne. La jeune femme a en effet traversé de nombreuses épreuves avant de trouver la paix intérieure.


Evangeline, pendant vos années universitaires, vous avez vécu dans une hutte, aux Philippines, avec des missionnaires. Cela vous a-t-il préparée à votre rôle dans la série?
Il s’agit de deux expériences très différentes. J’avais 18 ans à cette époque, et je n’oublierai jamais ce que j’ai vécu dans l’île de Palawan. Aujourd’hui, on me voit souvent dans la jungle, mais j’avoue que cette expérience a beaucoup à voir avec le glamour, le luxe, la pression et le stress. Aux Philippines, la vie est vraiment simple et facile. Pour la série, je suis constamment en train de faire des choses qui vont à l’encontre de mon tempérament.


Pouvez-vous nous donner des exemples?
Avoir à parler de moi pendant des heures. Je n’ai jamais couru après le succès. J’apprécie, bien entendu, mon revenu actuel et l’influence que je peux avoir, mais la célébrité n’est pas une bénédiction en soi. Il y a une certaine responsabilité qui s’y rattache, et c’est comme un poids très lourd à porter. Heureu­sement, l’aspect créatif équilibre ces désagréments.


Vous avez fait vos débuts dans la série Perdus. Aujourd’hui, vous considérez-vous comme une actrice à part entière?
Pendant la première année, je me sentais comme un poisson hors de l’eau. C’était terrifiant. Je ne croyais pas pouvoir jouer avec des acteurs talentueux et expérimentés, et cela a été long avant que je prenne ma place. Au début, je les copiais; puis, petit à petit, j’ai trouvé ma voie. Encore maintenant, j’évolue et je grandis dans le rôle de Kate. Mais je suis vraiment partie de rien.


Comment se passe votre vie à Hawaii?
Au début, j’étais frustrée et amère, car je ne voulais pas me trouver sur cette île. Mais ça a énormément changé. Aujourd’hui, je ne veux plus la quitter.


Que faites-vous lorsque vous ne travaillez pas?
J’ai appris à faire du surf, et je me débrouille assez bien maintenant. C’est devenu mon passe-temps favori. J’adore la nature et la vie à l’extérieur. L’avantage à Hawaii, c’est qu’on peut profiter du plein air à longueur d’année. Au mois de décembre, je peux faire du jogging sur la plage pendant que ma famille, au Canada, doit pelleter de la neige! (rires)


Qu’est-ce qui vous a attirée dans le surf?
Hawaii est une île relativement petite, et je m’y sentais prisonnière. Le fait de pouvoir aller sur l’océan me permettait de me sentir plus libre et en paix avec moi-même. À mon arrivée à Hawaii, mon existence a été complètement chamboulée, et j’avais besoin de trouver des repères. Aujourd’hui, ça va beaucoup mieux. Ma carrière et ma vie personnelle sont plus stables, je me sens plus solide.


Quel est, selon vous, le message de la série?
Pour moi, Perdus repose sur trois symboliques importantes: l’épreuve, l’expiation et le salut.


Les baisers sont-ils spontanés ou répétés avant les prises?
Comme je l’ai toujours dit, les baisers à l’écran doivent avoir l’air bizarres ou un peu incongrus. Ces gens-là ne se sont jamais embrassés auparavant: il faut donc que leur baiser soit imparfait. Ainsi, nous ne répétons jamais avant ces scènes. Et comme nous avons la chance de travailler avec un excellent réalisateur, c’est dans la boîte assez rapidement.


Et la cage, comment vous y sentiez-vous?
Pendant la troisième saison, j’avoue que je ne voulais plus sortir de la cage tellement j’aimais ça! Je ne sais pas trop pourquoi, d’ailleurs. C’est sans doute parce que je suis en train de me découvrir en tant qu’actrice, et que j’aime de plus en plus les nouvelles expériences. À un moment donné, j’ai même eu l’impression que je ne pourrais plus jouer si je sortais de la cage. (rires) En fait, j’aimerais rester toujours dans une cage!


Arrivez-vous à vous dissocier de votre personnage à la fin d’une journée de travail?
J’entre complètement dans l’histoire de la série, comme un ours entre en hibernation, l’hiver. Et quand je retourne chez moi, je n’essaie même pas d’oublier mon personnage. Je crois que ça donne une certaine impulsion à ma performance lorsque je retourne sur le plateau.


Avez-vous l’intention de retourner au Canada lorsque la série prendra fin?
J’y réfléchis, et je crois que ça dépendra de ma carrière. Je déciderai à ce moment-là, et bien que je songe à l’avenir, je ne m’en fais pas beaucoup avec ça. Plusieurs portes s’ouvrent devant moi en ce moment, et j’espère choisir la meilleure. Sinon, je déménagerai à Los Angeles, et je jouerai dans des films.


Dites-nous, quelle est cette porte mystérieuse?
Si j’avais le choix, après la série, je deviendrais écrivaine. J’adore l’écri­ture, et je crois que je possède ce don depuis que je suis toute petite. C’est une activité thérapeutique pour moi. Si je pouvais écrire et être payée pour le faire, je réaliserais mon plus grand rêve.


 
 
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