Elle amène sa grand-mère revisiter son village natal
Annie Dufresne
par Samuel Pradier / 7Jours 2008-09-30 11:47:03
© Bruno Petrozza
Parce qu’elle a toujours été près des gens qu’elle aime, Annie Dufresne a pris une semaine de congé pour faire plaisir à sa grand- mère, Thérèse. Elles sont parties sur les routes du Nouveau-Brunswick, à la recherche des traces du passé. La chanteuse et comédienne est revenue de ce voyage complètement transformée...
Annie, tu reviens de vacances
au Nouveau-Brunswick avec ta grand-mère. Quel était l’objet
de ce voyage?
En fait, je n’ai pas connu ma vraie grand-mère. Elle est morte un an avant que je vienne au monde. Mon grand-père s’est ensuite remarié avec Thérèse Leblanc. C’est une femme qui a déjà vécu en communauté, une ex-sœur
qui a défroqué parce qu’elle n’était
plus d’accord avec ce qu’est devenue
la religion. Mon grand-père l’a épousée alors qu’elle avait 53 ans, et elle était encore vierge. Thérèse, qui a aujourd’hui 84 ans, est la seule grand-mère que j’ai connue. L’an dernier, elle a eu un cancer, mais elle a réussi à passer
au travers. Pour lui faire plaisir, je lui
ai demandé ce qu’elle voudrait, et elle
m’a dit qu’elle aimerait beaucoup revoir son village natal, au Nouveau-Brunswick.
Comment s’est passé le voyage?
Très bien. Nous nous sommes d’abord arrêtées à Campbellton, le village où grand-maman est née. Nous avons
logé dans un gîte touristique et, drôle de coïncidence, nous pouvions voir
par la fenêtre l’église où elle avait été baptisée. Elle était super contente.
Ç’a été des vacances très zen, que
j’ai beaucoup aimées parce qu’elles nous ont permis de nous raconter des choses que nous n’aurions pas eu le temps de nous dire autrement.
Avez-vous retrouvé d’autres
vestiges de son passé?
Nous sommes allées dans la rue où
elle est née mais, malheureusement,
la maison n’existait plus. Nous nous sommes ensuite rendues jusqu’à
Bouctouche, où son grand-père avait une maison. Nous l’avons cherchée pendant plus d’une heure pour enfin apprendre qu’elle avait été démolie
il y a quelques années. La semaine
a été vraiment riche en émotions!
Et vous avez aussi eu une grosse surprise...
Oui. Ma grand-mère a retrouvé une
petite-cousine qu’elle ne connaissait pas, Emma Leblanc, qui a 96 ans. Cette dernière est autonome, elle vit toute seule et elle a toute sa tête. Ç’a été
formidable! Elle m’a raconté que son secret pour être toujours en forme à son âge, c’est de tricoter. Elle fait environ 100 paires de bas par an et elle les donne ensuite aux pauvres.
Comment s’est déroulé le retour?
Mamie était pleine d’énergie, et moi aussi. Nous avons eu de très beaux échanges durant la semaine. Beaucoup de mes proches ne comprenaient pas pourquoi je partais avec elle, mais je peux dire aujourd’hui que ç’a été une des plus belles semaines de ma vie.
Il y a quelques mois, tu as
sorti un album d’un genre
complètement nouveau.
Comment le décrirais-tu?
C’est de la musique pour danser, pour faire la fête et pour décrocher. J’ai fait ce disque avec Antoine Leroux, qui est un ami de longue date. Ce projet a commencé comme une joke. J’avais conservé beaucoup de messages téléphoniques de mon chum et je voulais les graver sur CD, enregistrer un beat derrière et les lui offrir. Je suis donc allée voir Antoine pour qu’il me crée
un beat. Il m’en a fait un super bon en cinq minutes. Quelques jours plus tard, il m’a rappelée pour me dire qu’il en avait composé plusieurs autres et
que nous pourrions peut-être en faire quelque chose. Finalement, nous avons passé environ une heure sur chaque chanson et nous avons mis le résultat sur MySpace.
Donc, vous avez fait ce disque grâce à Internet.
Oui. C’est incroyable! Il y a eu un engouement impressionnant. La chanson Courrier électronique a été numéro un sur les ondes de plusieurs stations de radio. Cependant, à aucun moment on n’a dit que j’étais à la base de ce projet. Enfin, le disque Fluo musique, de ma formation Electro-Lise, est sorti en
novembre, et il a eu pas mal de succès. Nous avons donné beaucoup de shows, et je suis même allée en Afghanistan, où j’ai présenté un spectacle pour les soldats canadiens.
Parallèlement à tout ça,
poursuis-tu ta carrière de
femme d’affaires?
Oui. Ma compagnie, Médiator, fabrique des boucles d’oreilles avec des plectres (“pics”) de guitare. Nos produits sont en vente chez Simons. J’ai aussi créé une
collection pour la compagnie Rouge Cosmetics; on peut la trouver dans les pharmacies. J’aimerais beaucoup aussi distribuer ces produits en France.
J’y travaillerai bientôt.
Est-il vrai que tu auras une
émission à TQS?
Le tournage de C’t’une joke vient de recommencer; l’émission sera diffusée cet automne. Je joue notamment avec Joe Bocan, et nous recevons beaucoup d’invités, des personnalités qui viennent faire de courts sketchs. Je résume le concept: nous mettons en situation des jokes innocentes et classiques. C’est un tournage vraiment génial parce que nous nous déguisons et que nous nous amusons beaucoup.
Où trouves-tu le temps de faire tout ça?
J’organise mon horaire et je ne choisis que les projets qui me tentent vraiment. De plus, je viens de m’associer avec Eduardo Da Costa afin qu’il gère ma carrière. Et j’arrive toujours à passer du bon temps avec mes amis et avec mon amoureux. 7J





