Vedettes

« Je suis un éternel ado »

Jean-Thomas Jobin

par Patrick Delisle-Crevier / 7Jours 2008-09-30 11:29:38
© Eric Myre © Eric Myre

Ses sympathiques absurdités nous font rire... Jean-Thomas Jobin vient de terminer la tournée de son premier spectacle, qu’on peut maintenant écouter dans le confort de son foyer. Une rare entrevue sérieuse avec celui qui se qualifie d’éternel adolescent…


Jean-Thomas, tu as commencé ta carrière d’humoriste sur le tard… Pourquoi?
Disons qu’au début de la vingtaine je me cherchais un peu et je ne savais pas trop ce que je voulais faire de ma vie. J’ai même écrit un livre qui avait pour titre Dans l’intimité de Martol Le Briquet, et qui racontait l’histoire d’un pompier pyromane. Ensuite, je me suis inscrit à l’École de l’humour en écriture. Finalement, on m’a prati­quement dit que mes textes étaient tellement tordus que je serais le seul à vouloir les jouer… J’ai alors décidé de monter sur scène!

Tu as présenté ton premier spectacle au public à l’âge de 29 ans?
Oui! Et, au début, ç’a été tout un défi de monter sur scène, car je suis un grand gêné… C’était une épreuve pour moi de me retrouver devant le public. Mais, peu à peu, je suis devenu plus à l’aise et on a parlé de moi ici et là. Par la suite, ç’a été l’effet domino, et j’ai rapidement pu gagner ma vie en tant qu’humoriste.

As-tu été surpris de l’accueil du public?
Oui! J’étais même certain que je n’arriverais jamais à remplir la salle un seul soir. (sourire) Finalement, j’ai fait ce spectacle 160 fois sur une période de trois ans. Même encore aujourd’hui, je suis surpris et touché de l’engouement des gens. (rires)

Pourquoi avoir voulu faire de l’humour?
C’est arrivé un peu par hasard dans ma vie… Au départ, comme je m’intéressais beaucoup aux sports, je voulais devenir chroniqueur sportif. J’ai signé quelques chroni­ques sportives dans un journal étudiant. Puis on m’a offert une chronique de nouvelles insolites, et c’est là que j’ai eu la piqûre pour l’écriture humoristique.

Quelles ont été tes influences? En dehors de Seinfeld, véritable série-culte pour moi, je dirais que Marc Labrèche a eu une très grande influence sur moi. Je ne tenais plus à terre lorsque j’ai été invité à faire des chroniques pour son célèbre Club Labrèche, à son émission Le grand blond avec un show sournois. C’était un grand rêve qui se réalisait, et ç’a été un véritable pivot dans ma vie. Je ne serais probablement pas rendu où je suis aujourd’hui sans ma participation au Club Labrèche.

Pourquoi avoir choisi de faire de l’absurde?
C’est plutôt l’absurde qui m’a choisi! (sourire) Dès l’âge de 15 ans, je me suis mis à faire rire mes amis avec des niaiseries. J’ai alors compris que j’avais un côté fort absurde que je me devais d’exploiter. J’aime tout ce qui est ridicule et qui comporte plusieurs niveaux.

On te connaît très peu. Quel genre de gars es-tu dans la vie?
Je suis un homme dans le corps d’un adolescent qui refuse de grandir. (sourire) Je suis assez ludique et j’adore déconner. Je n’ai jamais vraiment quitté l’adolescence et je pense que je ne le ferai jamais. J’aime jouer à des jeux de société tels que le Monopoly, le Scrabble, Pyramide et Taboo. Mais comme je suis très enfant dans mes activités, ce n’est pas toujours facile pour moi de trouver des amis qui ont les mêmes passions. (rires)

Tu t’es aussi découvert dernièrement une nouvelle passion pour le poker…
Oui, et j’ai eu la piqûre à un point tel que je me rends à la réserve de Kahnawake où il y a plusieurs tour­nois pour y jouer au moins une fois par semaine. J’adore les jeux de cartes et je me débrouille pas mal au poker.

Et ta vie amoureuse?
Disons que je ne suis pas prêt pour ça, en ce moment. J’aime bien ma vie de célibataire qui fait ce qu’il veut, quand il veut. Je ne me ferme pas de portes; je fais confiance à la vie qui se chargera de l’avenir. Même chose pour une éventuelle vie de famille.

Tu dois bien avoir un petit côté sérieux, non?
Oui. Je suis sérieux en ce moment, durant l’entrevue. Mais c’est plutôt rare que ça arrive! Je te le dis, je refuse d’être un adulte! (sourire) Je suis bien avec mon côté d’éternel adolescent.

Mais, à 33 ans, tu dois faire face à certaines responsabilités de la vie, comme payer des comptes, non ?
Disons que je dois travailler fort là-dessus, car je peux être très négligent quand ça n’implique que moi. Il m’arrive souvent d’oublier de payer des comptes… Mais là, je viens d’emménager dans mon premier condo et je me suis promis de faire de mon mieux pour être à mon affaire.

Quel genre d’enfant étais-tu?
Un enfant qui avait quelques amis, mais qui vivait dans sa bulle. J’aimais m’inventer des parties de hockey dans ma tête, ou encore me faire des scénarios avec mes bonhommes de Star Wars. Déjà, à cet âge, je me plaisais à vivre dans un monde parallèle.

Parle-moi d’un événement qui a marqué ton enfance.
Probablement ma rencontre avec Peter Stastny, alors que je devais avoir sept ou huit ans. Des amis et moi étions allés dans la chambre des Nordiques de Québec. J’étais un grand fan des Nordiques, car ils perdaient souvent et j’ai toujours eu un faible pour les «négligés» dans le sport. (rires)

Tu es un grand sportif, n’est-ce pas?
Oui. J’ai toujours joué au hockey et j’aurais aimé y faire carrière, mais je n’avais pas le talent nécessaire. Encore aujourd’hui, je joue au moins trois fois par semaine au hockey, au tennis et au baseball.

Quel souvenir gardeS-tu de ton adolescence?
Je vivais encore plus dans ma bulle à cette époque. J’étais lunatique et je sursautais pour un rien dès qu’un prof haussait la voix. Je vivais tellement dans ma tête que j’étais bien loin de ce qui se passait dans les salles de classe. Mais, heureusement, j’avais tout de même des notes res­pectables, alors je ne m’en sortais pas trop mal.

Qu’est-ce que tes parents pensaient de tout ça?
Disons que mes parents ont toujours considéré que l’éducation était primordiale. C’est certain que mon côté distrait les rendait fous parfois. (rires) Mais ils ont toujours été derrière moi et ils m’ont toujours appuyé dans mes décisions.

Es-tu encore un grand lunatique aujourd’hui?
Je dois oublier mes clés de voiture ou perdre ma carte de guichet plusieurs fois par année. À un point tel que c’est devenu un gag avec les caissières de ma banque. Il m’arrive même d’aller retirer de l’argent au guichet et de reprendre ma carte, en laissant l’argent là. Chapeau, Jean-Thomas ! (rires)

Tu as tout quitté à Sainte-Foy pour venir t’installer à Montréal. Est-ce que ç’a été difficile pour toi?
Oui, car toute ma famille et mes amis habitaient là-bas. Mais, en même temps, je savais que c’était un mal nécessaire à une carrière d’humo­ris­te. Je devais absolument passer par Montréal et je suis content aujourd’hui de vivre ici. Je vais souvent à Québec pour rendre visite à ma famille et à mes amis…

Tu es le fils d’un médecin, et ta mère est infirmière. As-tu déjà voulu suivre les traces de tes parents?
Non, pas vraiment, car je ne suis pas scientifique pour deux sous; ma facette artistique est beaucoup plus développée! Bien que je voue une grande admiration à la profession de mes parents, je crois que jamais je n’aurais pu y faire carrière.

Tu es aussi un grand rêveur… Quel serait ton plus grand rêve?
Honnêtement, ce serait de participer à l’émission Survivor. Et, parce qu’il faut être américain pour le faire, je serais même prêt à me marier avec une Américaine! (rires) Je suis fasciné par ce concept, et c’est vraiment mon plus grand fantasme de me retrouver là un jour.

Que serait-on le plus surpris d’apprendre sur toi?
Probablement que je pleure très facilement en regardant un film ou encore lorsque je vois la solitude des autres de trop près. J’adore être seul, mais lorsque je vois quelqu’un souffrir de solitude, ça me fait pleurer. (sourire)

Il y a peu de temps, tu as donné le dernier spectacle de ta tournée. Comment te sens-tu?
Je suis heureux du chemin que j’ai accompli mais, en même temps, je suis un peu nostalgique. Ce show-là, ç’a été trois années de ma vie, et je crois que ça va me manquer. Mais là, j’ai envie de m’accorder une petite pause, avant de commencer à penser au deuxième show. J’ai aussi quelques projets de télé à venir…. J’aimerais aussi percer éventuellement aux USA. Mais chaque chose en son temps!

 
 
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