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Décès de Pierre Falardeau

« Un véritable social-démocrate » - Pierre Curzi

Reine Côté/Agence QMI / 2009-09-26 14:30:36
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Pierre Falardeau © TVA Publications Pierre Falardeau © TVA Publications

Si Elvis Gratton a révélé Pierre Falardeau comme cinéaste, son vocabulaire coloré, ses propos décapants et son discours indépendantiste auront marqué bien des personnalités qui l’ont côtoyé. Texte Indépendantiste convaincu, Pierre Falardeau était perçu comme un « pur », l’un de ceux qui n’hésitent pas à dire ce qu’il pense sur la place publique au risque de déplaire, répétant le passé de « colonisé » des Québécois à qui veut bien l’entendre.

Un homme indigné

« C’était un indépendantiste généreux. Il ressentait beaucoup de colère et d’indignation face à l’injustice, affirme le président de la Société Saint-Jean-Baptiste, Mario Beaulieu.

Ce dernier estime que les propos incendiaires de Falardeau ne visaient qu’à accrocher l’intérêt des gens. « Il voulait réanimer la combativité du peuple québécois. Il les trouvait « moutons ». » Mais pour M. Beaulieu, c’est surtout en tant que cinéaste, chroniqueur et écrivain que Falardeau aura laissé sa trace politique, dénonçant et agissant à travers son art.

Un style pamphlétaire

« Je suis très triste, ça me fait de la peine », a confié au 24H l’ancien président de l’Union des artistes, Pierre Curzi.

« Il avait une belle plume et pratiquait un genre difficile : le pamphlet. Il tombait parfois dans l’excès et sa liberté de parole, il l’a payé cher. Il a toujours eu des revenus modestes. Tous les pouvoirs politiques l’ont rejeté. Les pouvoirs n’aiment les gens qui sont sans compromis », poursuit le député de Borduas.

« Il s’est battu pour l’indépendance et la justice sociale. C’était un véritable social-démocrate. C’était un homme de conviction, de parole. C’était un homme intègre.

La liberté d’expression est toujours préférable à la mollesse des convictions. Il se battait avec vigueur. »

Hors norme

Le cinéaste polémiste a réalisé plusieurs films où il dénonce et critique ce qu’il considérait comme l’inertie des Québécois : « Le temps des bouffons », « Octobre », « Une minute pour l’indépendance ». Et dans ses bouquins comme « La liberté n’est pas une marque de yogourt ».

Même à travers Elvis Gratton, Falardeau tentait de dresser une critique sociale du Québécois, ont fait remarquer plusieurs témoins.

Rappelons que Falardeau s’est démené sans répit afin de trouver l’argent pour son film 15 février 1839, la SODEC lui ayant refusé tout financement.

Pierre Falardeau se percevait lui-même comme un homme hors norme comme on peut le lire sur son blogue.

« Je suis un homme d’un autre siècle…Je me bats pour la liberté, la liberté sous toutes ses formes, la mienne, celle de mon peuple, celle de tous les peuples…Bref, je suis un primitif égaré. »

 
 
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