Porte-parole des Impatients depuis bientôt 20 ans
Clémence DesRochers inaugure un nouveau centre!
Jessica Paradis / 7Jours 2009-12-09 15:54:20
Clémence Desrochers © Marco Weber
«On est toujours à la recherche de façons nouvelles d’accomplir notre mission, qui est de normaliser la vie de nos patients», a poursuivi Jacques Hendlisz, directeur général de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas. «Le lien était donc naturel.»
Le pouvoir de l’art
Le Centre Wellington «est un centre de rétablissement qui, par le moyen de toutes sortes d’activités d’art thérapeutique, essaie de mener le plus loin possible les personnes atteintes de problèmes de santé mentale dans leur rôle de citoyen», a ensuite expliqué Barry Crago, chef clinicoadministratif au Douglas et responsable du Centre Wellington. Les gens qui le fréquenteront y trouveront donc un endroit où exprimer ce qu’ils ressentent autrement que par les mots, notamment à travers la musicothérapie, la peinture et la sculpture.
«Pour s’aider à vivre, je crois beaucoup à la création», a ensuite affirmé Clémence DesRochers. «J’en ai fait beaucoup dans ma vie et je sais qu’écrire des chansons, des monologues, des poèmes et faire des dessins, ça aide à réaliser des aspects de notre vie. Faire des ateliers de création tout en étant encadré par des art-thérapeutes, ça permet de ne plus être seul dans sa petite chambre, chose qui a existé pendant plusieurs années.»
Deux décennies d’appui
Porte-parole des Impatients depuis maintenant près de 20 ans, Clémence juge important de continuer à se battre pour défendre la cause de personnes qui, souvent, sont marginalisées. «Pendant longtemps, on les écartait. On dirait qu’on en avait peur. Mais les gens ont fini par comprendre l’importance d’être amis avec eux. Se considérant elle-même comme une «Impatiente», l’humoriste ne comprend que trop bien ce que vivent les personnes atteintes de troubles mentaux. «Je suis quelqu’un qui est sensible, qui n’est pas très équilibrée, quelqu’un qui comprend très bien qu’on a besoin de la création pour d’exprimer. Mais on a surtout besoin des autres. Je le sais parce que j’ai vécu comme ça. Je comprends l’immense solitude qu’on peut avoir à vivre. C’est pourquoi ç’a été tout à fait naturel, il y a presque 20 ans, de m’associer à eux.»
Les centres
Peuvent se présenter au Centre Wellington «les gens qui ont des problèmes de santé mentale et qui sont envoyés par leurs institutions», expliquait Alain Labonté, responsable des relations avec les médias pour les Impatients. «Ici, les patients peuvent créer des produits qu’on met ensuite à vendre dans la boutique du centre.» Une partie des profits amassés est remise aux créateurs alors que la quasi-totalité est réinvestie dans les ateliers offerts.
Une personne sur cinq, au Québec, souffre de problèmes de santé mentale. Pour les aider à s’exprimer, les Impatients ont établi cinq centres, soit Louis-H. Lafontaine, Pointe-aux-Trembles, Sherbrooke Est, Les Trois Sapins et Wellington.
L’an dernier, environ 250 personnes ont participé aux ateliers. Cette année, le nombre a fait un bond de 40 %; il atteint maintenant 350.





